Thuir

Toute l'actualité de la commune



 

18/07/2009

Remarquable exposition de José Peleja au Celler sur la Retirada

L'artiste José Peleja (Photo JLM 7447).JPG

La Retirada, évoque la retraite des républicains espagnols battus par les troupes franquistes en 1939, condamnés à fuir leur pays en cohortes faméliques, avec femmes, vieillards et enfants pour franchir les Pyrénées et rejoindre la France. Traités ici et ailleurs avec le plus grand mépris, tous vont vivre cet exil forcé dans la douleur de leur chair et de leur âme. C’est parce que ses grands-parents avaient vécu cet épisode dramatique de l’Histoire dare-dare enfoui dans la mémoire collective que le peintre José Peleja a choisi de le traiter.

Les camps pour la Retirada (Photo JLM 7447).JPG

A travers une quarantaine de remarquables toiles, José témoigne pour tous ceux qui ont eu à souffrir d’un exil, d’un renoncement. Il a su saisir les symboles forts d’un exode intemporel pour suggérer le partage immédiat d’une poignante floraison d’émotions puissantes. Ses figurations transpirent des scènes de souffrance, d'enfermement ou d'exil. Là, les corps sont spectres, silhouettes brisées aux échines résignées…On discerne dans ses huiles la présence des oppositions suggérée par la proximité de couleurs lumineuses, chaudes à celles de tons froids de bleus et violets. Les mouvements évoquent les luttes et le chaos… mais le thème de la femme et de l’enfant est là pour aussi évoquer l’espoir en un avenir meilleur. Comme l’artiste a privilégié la spontanéité, il a choisi délibérément de ne pas traiter les visages pour donner plus de force à l‘essentiel exprimé.

Authentique autodidacte

Les femmes et enfants (Photo JLM 7447).JPG

Bien que venu à la peinture sur le tard, José Peleja confie avoir toujours eu un goût prononcé pour le dessin depuis sa tendre enfance. «Je peints depuis 20 ans mais je me disais que pour être peintre et exposer, il fallait avoir fait les Beaux-Arts… » indique-t-il. José est un authentique autodidacte. Pour ne pas se sentir formaté, il a toujours fui les écoles de peinture pour mieux laisser libre cours à sa libre créativité. Peut-on être artiste sans être généreux? « Je peinds pour faire plaisir aux autres !» déclare-t-il pudiquement.

Ses 140 œuvres fortes et émouvantes n’illustrent-elles pas sa recherche de sens et d’humanité ? Thuir - Exposition jusqu’au 31 juillet tous les jours de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h 30 au 1er étage du Celler office du tourisme des Aspres (face à l’accueil des visites des caves Byrrh) Entrée libre.

Trytique (Photo JLM 7447).JPG

22/05/2009

Le Festival qui monte, qui monte…

Qui n’a jamais laissé traîner une oreille indiscrète ? Celle, gourmande de petits secrets, de révélations et de confidences… Voilà ! Un “petit” festival rural insignifiant Le Printemps des Aspres est devenu au fil du temps un rendez-vous incontournable qui a tout aujourd’hui d’un grand !

Le Band jazz (Photo Jean-Luc Modat).JPG

D’abord, le décor est de premier choix, en plein air ou en des lieux prestigieux, à ravir les amateurs de vieilles pierres et d’authenticité… Ensuite, il implique un territoire préservé, consacré à la vigne celui des Aspres appelé aussi la petite Toscane catalane : de ce terroir de caractère aux accents rocailleux sont nés des vins soyeux aux nuances d'harmonie et d'élégance. Yves Girmens le co-organisateur, s’épanche enthousiaste : «Le Printemps des Aspres doit conserver une certaine légèreté dans la programmation, axée sur la découverte musicale et la proximité avec le public» En plein air, dans une cave ou en des lieux prestigieux, gorgés d’Histoire et de labeur, ce festival a vraiment tout pour plaire! éclectique, rafraichissant, heureux… Il cultive une ambiance singulière, conviviale et festive. «Pour cette 5ème édition, le Printemps a trouvé ses publics. A une programmation, correspond un public spécifique. Pour faire court : à chaque concert, ses générations ! Et puis, les tarifs pratiqués sont abordables au plus grand nombre…« 

Concert Jazzy au Domaine de Saü

Le public sublimé (Photo Jean-Luc Modat).JPG
Le public dans le Parc (Photo JLM 7447).JPG

Jeudi 21 mai à 18h le Dixieland Jazz Band de Jean-Jacques Martimort donnait un époustouflant concert devant un nombreux public accueilli dans le magnifique parc du Domaine Saü par Isabelle et Hervé Passama Prés de 3 heures de jazz ponctuées de dégustations des sublimes vins de la propriété Passama… Un récital riche presque entièrement consacré à Sidney Bechet symbole immuable du Jazz de la Nouvelle Orléans débutait par le morceau Le marchand de poissons suivi de Blues in the air et Petite fleur, Dans les rues d’Antibes.

Là haut sur les cuves (Photo JLM 7447).jpg

Ce tour musical se terminait dans les caves du Domaine pour le public et sur les hauteurs des cuves pour le band jazz. Le Dixieland Jazz Band jouait un enthousiasmant Les copains d‘abord de Brassens ! Il est comme ça le Printemps des Aspres sans chichis, populaire, sympa à l‘image des organisateurs Odile Herran et Yves Girmens. Contact : ASDAMA 04 68 53 10 00 ou 06 22 34 22 81.

Le public dans le Parc (Photo JLM 7447).JPG

La pose dégustation (Photo JLM 7447).JPG

5ème Printemps de l'Aspre les prochains jours :

Samedi 23 mai à Passa
Prieuré du Monastir Del Camp à 21 h :
Soirée en 2 parties : de l’Occitanie aux rives de la Méditerranée
Les doigts teintés  - Nou Sorres

Samedi 30 mai à Ponteilla
A 18 h : balade en musique (entrée libre) Jazz band
A 19 h : buffet de clôture (sur réservation)

Samedi 30 mai à Ponteilla
Espace Simone Ali à 21 h :
Soirée en 2 parties : Couleurs d’Amérique latine
Daniel Diaz Trio - Cores do Brazil

Une anodine inauguration ?

Récemment, à la faveur d’une belle matinée ensoleillée, le président de la communauté de communes des Aspres, René Olive inaugurait des locaux techniques flambant neufs jouxtant la déchetterie de Thuir de la route de Castelnou. Le préfet Hugues Bouziges, le président du conseil général Christian Bourquin, le président du Sydetom 66 Fernand Roig et un aréopage d’élus locaux des Aspres et d’ailleurs, des personnels avaient répondu nombreux à l’invitation.

Inauguration officielle du Centre technique de la Communauté de communes des Aspres (Photo JLM 7447).JPG
Le préfet Hugues Bouziges, René Olive, Christian Bourquin.

Au petit tour du propriétaire, les discours officiels badins se succèderaient-ils ? Si le ton solennel était circonstanciel, il était ponctué ci et là de propos hilarants… (ça c’est pour l’ambiance !)

INAUGURATION CENTRE TECHNIQUE COMMUNAUTEE COMMUNES 109.JPG
René Olive.

Le premier orateur, René Olive relatait l’historique de la communauté depuis sa création le 1er janvier 98, mettant en exergue une logique de territoire, un esprit solidaire caractérisé. Il égrainait successivement ses champs de compétences : 2003, les déchets ménagers ; 2004, l’eau et l’assainissement, 2008, le tourisme, la petite enfance… René Olive précisait à l’assistance que cette communauté représentait à ce jour 21 communes, 21 500 habitants, dotée d’un budget de 18 millions d’euros. L’édile annonçait alors le coût de construction de ces locaux techniques, prés de 1,6 millions d’euros, financés par l’Etat à hauteur de 201 000€ à travers une dotation d‘équipement, par le conseil général par un projet structurant, par les «Aspres» à concurrence de 600 000€ sur fonds propres, le solde global emprunté. Ce centre permettrait en particulier, le lavage des camions-bennes, des bacs et leurs maintenances et de concentrer en un lieu les moyens techniques et humains.

Le local technique (Photo JLM 7447).JPG

C’est là que René Olive choisissait le ton de la confidence : « J’ai l’impression d’être coincé entre la vallée de la Têt et celle du Tech. » Pour contrecarrer la tentation exponentielle de l’Agglo Perpignan Méditerranée il évoquait aussitôt des desseins visionnaires : « Je partage l’idée avec un certain nombre d’élus communautaires qu’un rapprochement avec d’autres communautés rurales approximes pourrait être possible… Il pourrait s’entendre dans un premier temps sous la forme de convention pour certains services.»

L’idée du maire d’Elne Nicolas Garcia ferait-elle son chemin? Celle d’une fusion des communautés de communes du Sud du Pays Catalan? Christian Bourquin inscrivait son intervention sur le thème de l’exigence des services publics «Il est nécessaire d’installer un meilleur service public de proximité apporté à la population. On touche là au fondement de notre République. » Le préfet quant à lui poursuivait par une ode aux communautés de communes : «Je suis convaincu que les communes qui restent seules adoptent une posture suicidaire. Aujourd’hui, il faut jouer collectif, on le sait au pays du rugby! On ne peut pas bâtir des cohérences de développement économique sur des stratégies à court terme» ironisait-il et d‘appuyer le propos : « Ici, en Pays Catalan, subsistent des logiques géographiques et identitaires fortes de territoires.» Là, sous nos yeux, ne se joue-t-elle pas la disparition des communes rurales ces espaces d’animation et d’interface ? Auxquelles se substitueraient les communautés de communes, espace naturel de réalisation et de gestion des équipements ?

22/02/2009

L’Union nationale des retraités et des personnes âgées tisse du lien social

A une époque où l’égoïsme s’affiche comme une valeur partagée, certains hurluberlus s’obstinent à filer et tisser du lien social, de la solidarité. Rencontre avec Rose-Marie Brieule, secrétaire de l’UNRPA (Union nationale des retraités et des personnes âgées).

Les revendications de l'UNRPA (Photo JLM 7447).JPG

A la ville comme à la campagne, la solitude sournoise ne rôde-t-elle pas à l’affût de la moindre proie esseulée ? La retraite conjuguée à la perte du rôle social, peut devenir claustration. Fa molt de temps ja (ça fait déjà longtemps) dans les villages du Pays Catalan, l'avi (le grand-père) i la "Padrine" (la grand-mère) étaient au cœur de la vie sociale et familiale. Els vells (les vieux) étaient entourés, choyés et respectés… Alors, même si Thuir demeure une petite ville à dimension humaine, les mœurs y ont aussi évolués ! Parfois trop «encombrants», les vieux finissent leur vie en maison de retraite. Autres temps, autre époque…

« Un homme n'est vieux que quand les regrets ont pris chez lui la place de ses rêves » se plaisait à dire l’acteur américain John Barrymore. Rose-Marie Brieule la dynamique secrétaire de la section locale de l’UNRPA n’a pas le temps de rêvasser. Elle souligne : « Au niveau social nous privilégions la proximité avec les personnes âgées souvent isolées. Pour les plus impotentes d’entres elles, nous leur rendons visite, leur offrons des goûter et leur prodiguons du réconfort ». Cette association a succédé aux Vieux Travailleurs de France créée en 1945, puis à l'Union des Vieux de France autrefois ici animée par l’Ami Emile Lassale alias «Millette»…

« L’Unrpa était à ses origines exclusivement revendicative. Peut-être un peu trop politisé, ce mouvement était entrain de mourir à petit feu à cause de ses idées trop sectaires » analyse avec lucidité la secrétaire. La section locale forte de 70 adhérents, a pourtant conservé un côté revendicatif sous l’impulsion de son président Claude Vaillant : défense du pouvoir d’achat des personnes âgées, revalorisation des retraites, défense des services publics de proximité, accès aux soins, aide aux personnes dont l’âge avancé se double souvent d’un handicap physique ou de la maladie d’Alzheimer.

Rose-Marie Brieule (Photo JLM 7447).JPG

« Je trouve beaucoup de réconfort au sein de cette association étant moi-même handicapée » déclare émue Rose-Marie. L’association organise aussi des rendez-vous ludiques. Pour Noël, loto et concert choral avec Le Chœur de l’Aspre, des lotos, des repas dansants, des sorties cinéma, des voyages.

Jeudi 19 février à 12 h, à la salle Jeantet Violet, les adhérents de l’Unrpa se réunissent pour un repas convivial autour du thème du carnaval ! Comme ils ont su entretenir leur âme d’enfant et un sens aigu de la dérision, tous les convives sont invités à venir déguisés ! Participation 12 €. Inscription dés mardi 17 février. Renseignements : 04 68 53 57 99.

Société Mixte de Tir : en pleine cible !

Chaque année à pareille époque, la vénérable Société Mixte de Tir de Thuir organise les rencontres inter-clubs pour les 5 écoles de tir du département affiliées à la Fédération Française de Tir : Osséja, Prades, St Cyprien, Saleilles, soit au total une cinquantaine de gamins de 8 à 12 ans. Les catégories d'âge concernées par les Ecoles de Tir sont les Poussins, Benjamins et Minimes. Jean-Luc Vinyas (Photo JLM 7447).jpg

« Ces rencontres sont organisées pour préparer les enfants aux compétitions officielles départementales, régionales, nationales au pistolet ou à la carabine à air comprimé à 10 mètres avec 30 plombs à tirer en 1 h à concurrence de 2 plombs par cible » précise Jean-Luc Vinyas secrétaire et arbitre FFT de la société Mixte de Thuir. « Dans un concours, il y a des cibles d’essais et des cibles de match. Les tireurs ont une heure tant pour effectuer les réglages pour la compétition » indique Guy Jubal président du Club d’Osséja.

Mieux connaître le tir sportif.

Les tireurs sportifs en herbe (Photo JLM 7447).jpg
Le grand public a une image erronée du tir sportif, injustement assimilée aux pratiques, aussi nobles soient-elles, de la chasse ou à celles de l’armée. C’est un sport à part entière et une école de la maîtrise. Comment ça fonctionne ? Pour ces jeunes, les cibles utilisées sont les mêmes que pour les « grands » et toujours placées à 10 mètres du tireur. Le nombre de coups varie en fonction de celles-ci, ainsi que les positions de tir. Les tireurs poussins garçons et filles sont debout. Pour compenser le poids des armes, les poussins tirent sur appuis fixes et les benjamins sur support à assistance modulable. Ce n’est qu’à partir de minimes que les tireurs n’ont plus d’assistance et doivent assumer le poids de leurs armes, environ 900g pour les pistolets et 3 à 4 kg pour les carabines. La tenue vestimentaire pour le pistolet doit respecter les mêmes contraintes réglementaires que pour les adultes. La pratique du tir sportif nécessite une discipline de fer. Elle requiert concentration, application et réflexion dans un silence absolu. Là, pas de manifestations exubérantes !

La société Mixte de tir
Alexis tire en catégorie Poussin (Photo JLM 7447).jpg
Le club de Thuir mise sur son école pour former les champions de demain. Chaque année, il fait preuve de son efficacité lors des différents championnats. Jean-Luc divulgue : « La création de la société Mixte de tir remonte à 1885… C’est le club le plus ancien du Pays Catalan.» Pourquoi Mixte ? « A l’époque, la société était dite "mixte" car elle comprenait à la fois des militaires et des civils. Dans la seconde moitié du XXe siècle, cette société à caractère militaire s'est transformée en association de loisirs. L’activité encadrée par les gendarmes, s’apparentait à la préparation militaire » révèle Jean-Luc.

De nos jours, l’aspect militaire a disparu du club, sa vocation est exclusivement sportive. Avec son école de tir, le club a mis depuis cinq ans, le cap, vers l’avenir ! « Aujourd’hui, la société est forte de 135 membres de 5 à 90 ans » znnonce fièrement Jean-Luc Vinyas. Souhaitons bon vent aux jeunes dans les différentes compétitions pour la saison 2009 !

La virée parisienne des cadets de l’UST

Quand nombre de valeurs morales ne cessent de s’étioler, le rugby, véhicule toujours des valeurs très fortes de courage, d’abnégation, de solidarité, de respect, de convivialité et d’esprit festif… Ces valeurs partagées au sein des cadets de l’UST, caractérisent l’excellent état d’esprit qui anime ce groupe et ses dirigeants. Les voyages forment la jeunesse ! Qu’à cela ne tienne ! Cette année encore, à la faveur des vacances de février, les cadets de l’U.S. Thuir des présidents Robert Massuet et Jean-Michel Pergel sont montés 4 jours à Paris. Un séjour fascinant, riche en événements qui restera gravé des années dans leurs mémoires.L'équipe des Cadets de l'USTHUIR (Photo JLM 7447).jpg

Au programme, rugby et loisirs.

Une matinée de train, et hop c’était parti pour une visite de Paris. Le soir, les jeunes assistaient à un match entre anciens du Racing Club de France (composé d’anciens internationaux) et anciens internationaux écossais, avant de prolonger la soirée avec ces joueurs. Samedi matin, match contre leurs homologues de Courbevoie ; l’après-midi direction le stade de France pour assister à la rencontre du Tournoi des six nations France/Ecosse. Enfin, dimanche de dilettante au parc Disneyland de Marne-la-Vallée. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin. Lundi soir, retour fourbus au bercail. Charmés par leur séjour parisien, dans un élan spontané et unanime, les cadets remercient tous ceux qui ont permis ce voyage, récompense d’un comportement exemplaire et de résultats extraordinaires puisque ce groupe est actuellement invaincu depuis le début de la saison (12 rencontres = 12 victoires !)

Et maintenant, après le réconfort, l’effort.

Après un déplacement à Capestang le 21 février, ils recevront Pic St Loup le 28 février. Sauf accident de parcours, ils devraient terminer 1ers de leur poule. A la suite de ces 2 rencontres, ils disputeront, le 7 mars, le 1/8e de finale du championnat Languedoc-Roussillon ils sont d’ores et déjà qualifiés. On peut complimenter l’excellent état d’esprit de ce groupe qui fait honneur aux couleurs de l’UST ! Leur objectif ? Passer 3 tours dans ces phases finales car les 32e de finale du championnat de France se profilent à l’horizon et ils aimeraient par dessus tout y participer.Un grand bravo à ces valeureux et sympathiques jeunes qui méritent d’aller le plus loin possible dans la compétition !

19/02/2009

Eoliennes dans les Aspres : le point de vue du maire de Fourques

La Communauté de Communes des Aspres a mandaté le cabinet Ocea Ingénierie pour réaliser une étude préliminaire d'identification de zones pouvant potentiellement accueillir des éoliennes. Quatre secteurs (soit huit zones) ont été répertoriés dans les Aspres. Frilosité ou syndrome "Nimby", les maires un à un ont refusé ces implantations sur leur commune. Tous ? Non ! Rencontre avec un singulier maire, écolo pragmatique et viticulteur bio de surcroît.
Les opposants aux éoliennes se manifestent (Photo JLM 7447).JPG
Le maire de Fourques, Jean-Luc Pujol, est porteur d'un ambitieux projet de développement durable au cœur duquel s'inscrit une ferme éolienne. Son projet provoque la grogne et ne fait pas l'unanimité parmi les maires des communes avoisinantes. Qu'importe ! Pour cet homme aux convictions bien arrêtées, l'écologie est une seconde nature. Le verbe haut, le propos direct, le regard franc, soulignent le bon sens paysan. Le volubile Jean-Luc Pujol n'a rien d'un doux rêveur, son désir de ferme éolienne a mûri lentement dans son esprit. Avec sa jeune équipe municipale, il a voulu évaluer de visu les impacts des aérogénérateurs. Il a donc visité quantités de fermes éoliennes, rencontré des élus et des riverains.

Chronologie de l'implantation d'éoliennesJean-Luc Pujol Maire de Fourques (Photo JLM 7447).JPG
Jean-Luc Pujol invoque la méprise de certains opposants qui contestent sur la forme, la méthodologie employée dans la démarche d'identification de Zone de Développement éolien (ZDE) : « Cette première étape débute toujours par des réunions publiques d'information. La loi ne prévoit pas de concertation à ce stade-là. C'est une étude paysagère au dossier technique relativement sommaire pour laquelle le préfet doit se prononcer ainsi que sur le zonage avec la définition d'un potentiel minimum et maximum d'éoliennes.»

Aussitôt l'édile rebondit sur le contexte local : « La façon dont la Communauté de Communes des Aspres a mené ces réunions ne me convenait pas. J'ai donc pris l'initiative d'organiser des réunions de concertation avec les habitants de Fourques où chacun a pu s'exprimer. Les débats ont été enrichissants. Nous nous sommes attachés à réfuter un certain nombre d'arguments : infrasons, bruits, impacts...»

A ce jour, le dossier est sur le bureau du préfet. Le devenir du projet reste suspendu à l'approbation du préfet pour l'identification du zonage. La seconde étape sera la modification du Plan Local d'Urbanisme pour rendre possible l'installation d'éoliennes avec des préconisations et obligations techniques : hauteur, nombre, implantations... A ce stade là, une étude de faisabilité sera alors réalisée. Puis, débutera la phase de concertation avec toutes les parties prenantes : A.D.E.M.E, Monuments historiques, DDE, DDAF, LPO, D.R.I.R.E, chasseurs, associations environnementales, populations des villages concernés. « In fine, le permis de construire est signé non pas par le maire mais par le préfet », précise avec tact Jean-Luc Pujol.

Ses quatre vérités

Dans nos précédentes éditions les arguments des opposants ont été développés sans que ne s‘exprime le porteur du projet. Quand Jean-Luc Pujol prend la parole, il ne manie pas la langue de bois. «Je n'accepte pas que certains de mes collègues maires m'accusent de vouloir saccager l'environnement. Quand ils parlent seulement de machines et de taxe professionnelle je rétorque politique globale et locale environnementale! » Clairvoyant, le maire de Fourques ose lâcher : « Je suis agriculteur bio, je ne vis et ma famille ne vit que de l'agriculture, je possède le plus grand domaine viticole de Fourques, un important patrimoine immobilier. Serais-je assez fou pour vouloir déprécier mon patrimoine si les éoliennes avaient un quelconque impact négatif sur l'économie locale? » Pour couper court à toutes les rumeurs les plus extravagantes : « Je rassure mes détracteurs, aucune des 5 ou 6 éoliennes ne sera installée sur mon vignoble. Je ne bénéficierai d'aucun subside ni manne financière. Je ne veux pas être juge et partie! » Peut-on être à la fois contre le tout nucléaire et contre les éoliennes ? Il reste encore la bonne vieille bougie.

Les pro-solaires

Certains opposants à l'implantation d'éoliennes préconisent l'installation de champs de capteurs photovoltaïques. Pourtant ces installations ont un important impact sur l'environnement. Outre le bétonnage des terrains, les traitements chimiques aux désherbants des terrains, les cellules photovoltaïques ont une durée de vie d'environ 20 ans. Il existe deux types de panneaux : ceux au silicium et ceux à l'arseniure de galium qui comportent des produits poluants comme l'arsenic. Leurs retraitements engendre de la pollution. Un projet d'installation de capteurs devrait voir le jour sur des friches agricoles entre Trouillas et Ponteilla. A suivre.

13/02/2009

Les opposants au parc éolien sont vent debout

Le projet de création d’un parc d’aérogénérateurs à Fourques fait l'unanimité contre lui chez les maires des petites communes avoisinantes soutenus par le collectif « Le vent tourne ».Le Conseil communautaire (Photo JLKM 7447).JPG

En sa séance publique du mardi 10 février à 17 h 30 à Thuir, le Conseil Communautaire de la Communauté de Communes des Aspres a dû invalider son vote du 17 décembre et revoter pour le projet d’une Zone de développement de l'éolien (ZDE) de 164 hectares sur la commune de Fourques. Suite au scrutin du 17 décembre, six maires Maya Lesné (Tordères), Alphonse Puig (Sainte-Colombe), Roger Tourné (Llauro), Erick Brisse (Terrats), Alain Doutres (Caixas), Patrick Mauran (Montauriol) avaient dénoncé une irrégularité dans le vote en faisant remarquer que 54 conseillers présents ou représentés avaient voté, 55 bulletins étaient dépouillés. Ceux-ci ont décidé de réagir en écrivant au Préfet des Pyrénées-Orientales pour manifester leur désaccord et leur mécontentement (copie ci-joint de la lettre envoyée au président de la Communauté de Communes et à tous les délégués communautaires).

Ce mardi, sans surprise, les conseillers ont voté majoritairement à nouveau en faveur de ce projet. Alors qu'en préambule, les maires de Tordères et Ste Colombe manifestaient leur désir de débat, le président de la Communauté, René Olive, s'y est obstinément opposé, provoquant même un certain chahut parmi l'assistance.L'assistance (Photo JLM 7447).JPG

Les Zones de développement de l'éolien

La loi de programme n°2005-781 du 13 juillet 2005 fixe les orientations de la politique énergétique française avec l'objectif de 21 % de la consommation intérieure d’électricité d’origine renouvelable en 2010. Cette loi introduit le principe de création de Z.D.E. pour éviter la prolifération anarchique des installations éoliennes. Si, aux dernières élections municipales, nombre de maires des Aspres ont adopté une position circonspecte, évitant d'évoquer ce sujet on ne peut plus sensible, un candidat à la mairie de Fourques, Jean-Luc Pujol a, lui, eu le courage de porter le débat sur la place publique. En ces temps de crise viticole, peut-on condamner la tentation pour certains agriculteurs désargentés ou pour des communes viticoles en crise comme Fourques, de louer ou vendre une parcelle de terre à des constructeurs d'éoliennes.

Jean-François Girbaut pdt du collecti Le vent tourne (Photo JLM 7447).JPGJean-François Girbaut est le président du collectif Le vent tourne créé en Octobre 2008. « Au cours des 5 réunions publiques obligatoires dans le cadre de la loi sur les ZDE, des personnes se sont regroupées pour créer un embryon de collectif  » évoque-t-il, puis de dénoncer : « Une imposture écologique consiste à faire croire que l'éolien puisse un jour se substituer à l'énergie nucléaire ».

Ce qui préoccupe d’abord le collectif, c'est la protection des paysages et du site remarquable et préservé des Aspres. Jean-François Girbaut rappelle deux conditions nécessaires à la production d’énergie par les aérogénérateurs : du vent régulier et la proximité d'une ligne à haute tension pour le raccordement électrique des installations. « La production électrique éolienne est intermittente. Pour assurer la continuité il faut une régulation pourvue par des centrales thermiques génératrices de gaz à effet de serre », précise le président. « Aucune commune des Aspres n’a désiré d’éoliennes sur son territoire hormis la municipalité fraîchement élue de Fourques ! Pourquoi ?», s’interroge M.Girbaut. « Nous allons nous concerter avec les maires des communes impactées pour donner suite à cette décision. D’autre part, nous lancerons une campagne d’information à l’adresse de la population pour lancer un véritable débat » indique Jean-François Girbaut.

Vendredi, dans nos colonnes, Jean-Luc Pujol maire de Fourques et porteur du projet présentera ses arguments.

Collectif La vent tourne :  ventourne@hotmail.fr ; tél : 04 68 28 04 51 ; 2 rue des amandiers 66300 Fourques.

07/02/2009

S’attacher à rester tous ensembles soudés malgré les différences

Moment privilégié pour les édiles et leurs concitoyens, la cérémonie des vœux permet de se retrouver une fois par an pour balayer projets futurs et réalisations passées, revoir des amis ou des membres d'associations… René Olive (Photo JLM 7447).JPGDans la très vénérable salle Jeantet Violet à l’assistance bien garnie, accompagné de son Conseil municipal, d’élus de la Communauté de communes, René Olive Maire de Thuir avait choisi un début de semaine pour présenter ses vœux à la population. René Olive débutait son discours par le mot qui revient sur toutes les lèvres des élus départementaux lors de ces cérémonies de vœux: La crise ! La plupart du temps et pour ne pas apeurer le citoyen lambda, n’est-elle pas présentée comme conjoncturelle et passagère ? Ce mot fourre-tout exprime pêle-mêle de nombreuses craintes face aux grands bouleversements socio-économiques, aux déréglementations, à la dégradation de l’environnement, à la mondialisation, aux délocalisations… prémices d’une mutation de civilisation sans précédent ? Ainsi, le premier magistrat de Thuir positionnait la crise comme conjoncturelle, liée pour l’essentiel à la politique actuelle du gouvernement. Il débutait ses propos par une diatribe, stigmatisant la décentralisation et la politique de désengagement de l’Etat : »Chômage, licenciements, crise… Qui dit crise implique des investissements à la baisse et une économie au ralenti. L’Etat doit 74 millions d’€uros pour le social au Conseil Général des Pyrénées Orientales.» A la crise mondiale, il opposait la solidarité des territoires: La Région, le Département, les Aspres. «En France, les collectivités locales assurent 75% de l’investissement public. Elles ont un rôle important par temps de crise ! » Insistait-il. Puis, l’édile se lançait dans une longue litanie sur les bienfaits du rassemblement au sein de la Communauté de Commune : »Je suis intimement persuadé que nous sommes l’une des communautés qui fonctionne le mieux du Département grâce à notre politique de mutualisation.» Appuyait-il. L'assistance fournie (Photo JLM 7447).JPG

Pas d’augmentation d’impôts

René Olive comparait Thuir avec les villes de la même strate… Il annonçait un taux d’endettement de 10,49 soit 487€ par habitant. Le Maire se félicitait : «Nous avons le taux le plus bas du Département, hormis Cabestany. En ces temps difficiles il aurait été indécent de présurer le citoyen. Nous n’augmenterons pas les impôts en 2009. » Quelles solutions apporte-t-il pour faire face ? Le recadrage dans certains secteurs économiques : énergies, eau (Nouvelle dépense depuis le 1er Janvier 2009). René Olive égrainait alors les projets en cours : Le PLU (Plan Local d'Urbanisme) devrait sortir dans 6 mois… Opération immobilière de 8 hectares aux Espassoles, zone commerciale, projet d’hôtel, achat de terrains pour les constructions des nouvelles casernes de gendarmerie et des pompiers…suspendu ; constructions collectives et pavillonnaires HLM chemin de Salaou, les travaux du Conseil Général au Collège (jusqu’alors propriété municipale), la construction de la nouvelle Maison de retraite, l’implantation d’un pôle médical, construction de la première tranche de la salle de spectacle, l’amélioration du Centre de loisirs, les aménagements du centre-ville, les travaux de réfection du toit de l’église… Malgré ces temps de crise, le Maire assurait la population du maintient des animations si importantes pour la fréquentation de la ville, si attractives pour le dynamisme du commerce local ! Là, il appelait au civisme de la population tant au niveau de la propreté que de la sécurité. René Olive assurait de son soutien les dirigeants de l’UST pour les festivités de son centenaire et ceux du Handball pour ses fêtes des 40 ans. Le Maire concluait son discours en remerciant tous les acteurs qui ont contribué à l’embellissement de la Ville pour ponctuer par ses vœux : « Même si les temps sont difficiles il ne faut pas désespérer, il faut s’accrocher, s’attacher à rester tous ensembles soudés malgré les différences pour demeurer, demain, plus forts. Que 2009 vous procure la paix et que la Fraternité inscrite dans la trilogie républicaine soit plus que jamais une réalité ! » Aussitôt, l’assistance se précipitait vers le copieux buffet dînatoire

24/12/2008

Des éoliennes dans les Aspres : un vent de révolte

Photo_eolienne_2.jpgLes Aspres sauvageonnes, à l’environnement exceptionnellement préservé, auront-elles droit à leurs éoliennes ? Tout un chacun s’accorde à magnifier les bienfaits des éoliennes à condition… qu’elles ne soient pas implantées prés de chez soi !

 

 

Mercredi 17 décembre 18 h à la MJC se tenait le Conseil communautaire de la communauté de communes des Aspres, retranché dans un prudent huis clos de préséance. A l’ordre du jour ? Le dossier sensible de la ZDE (Zone de Développement Eolien). Depuis l'étude réalisée par OCEA Ingénierie pour huit zones retenues, persiste un seul projet. Dans le hall, une cinquantaine de militants remontés du Collectif «Le Vent tourne» piaffait d’impatience avant d’assister à 18 h 30 à la séance publique.

 

Pro et anti éoliens s’affrontent

Les militants du Collectif Le Vent tourne (Photo JLM 7447).jpg

Début de session, le président René Olive s'est félicité : « Contraitement à des Communautés de Communes qui ne tiennent aucun compte des avis émis par les communes qui les composent, notre démarche démocratique a été exemplaire ». Il a encensé la méthodologie adoptée : concertations avec les habitants, les associations environnementales, les chasseurs, les agriculteurs, suivies par cinq réunions publiques d’information. Puis, René Olive a invité aux débats l’assemblée des élus.

 

René Olive et Jean-Claude Péralba (Photo JLM 7447).jpg

Le maire de Villemolaque, Jean-Claude Peralba, en cohérence avec sa logique anti-THT s’est exprimé en premier.  « J’adhère à la démarche écolo-économique, j’ai adhéré à tous les aspects du dossier. Le problème des éoliennes c’est leur impact paysager. Je m’abstiendrai sur le dossier ».

 

Alors est intervu Eric Brisse, l’édile de Terrats. « Durant les Municipales il était prudent de ne pas parler des éoliennes. À Terrats, nous nous sommes exprimés contre leur implantation sur notre commune. Et voilà que se profile le projet d’une installation en surplomb du village sur le territoire de Fourques », a-t-il dénoncé.

 

Jean-Luc Pujol Maire de fourques (Photo JLM 7447).jpg

Jean-Luc Pujol maire de Fourques, favorable au projet s’est inquièté : « Qu’adviendra-t-il si on ne trouve pas de nouvelles ressources pour faire vivre nos villages? ».  Il a plaidé en faveur de l’installation des éoliennes sur une zone de 164 ha sur les piémonts des Aspres, opposant les desseins lucratifs de fermes éoliennes de d’Agglomération au désert des Aspres avec un lapidaire : « Les éoliennes ou la pauvreté ! »

 

Alphonse Puig, Maire de Ste Colombe a réagit : « Les revenus escomptés, ce sont des queues de cerises ! Les petites communes qui entourent Fourques ont une lourde responsabilité. » La jeune maire de Tordères Maya Lesné est lors montée au créneau : « Le choix du maintien de cette zone s'est décidée mercredi 10 décembre, à Fourques, au cours d'une réunion du bureau d'étude, Ocea Ingenierie, de Jean-Luc Pujol maire de Fourques et de Roland Nourry, vice-président chargé du dossier ZDE, sans que le maire de Terrats, ne puisse s’exprimer sur le choix de la zone. C’est gravissime pour la démocratie. Ne parlons même pas des autres maires de communes impactées, telles que Ste-Colombe, Montauriol, Caixas, Tordères, Passa ou Llauro auxquels on ne demande jamais leur avis » s’est-elle insurgée.

 

Quid, du conseiller national des Verts, Franck Huette, élu de Thuir ? En échos à ces débats, éminemment écolos, il a opposé le mutisme. Enfin, à la demande de 18 délégués, le Conseil a voté à bulletins secrets. Résultats sur 54 votants : 32 délégués sont favorables au projet ; 18 sont contre et 5 s'abstiennent pour un total de 55 suffrages exprimés. La ZDE sera donc déposée en Préfecture. Le Collectif «Le Vent tourne» a juré de réagir au sortir de la réunion. Il pourrait s’exprimer ces prochains jours.

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