Thuir

Toute l'actualité de la commune



 

06/03/2009

Hôpitaux publics : Danger !

Neuf organisations syndicales au plan national avaient appelé l'ensemble des personnels de la Santé Publique, des secteurs (sanitaire, social et médico-social) à une journée de mobilisation, jeudi 5 mars, pour défendre l'hôpital public et les services publics de santé. Que s’est-il passé dans les Pyrénées-Orientales ? Les grévistes devant la DDASS (Photo JLM 7447).JPG

Effet de lassitude des grèves à répétition ? Désintérêt patent de l’intérêt général ? Frilosité égoiste engendrée par la crise ? A 10 h 30, seulement une centaine de manifestants battait le pavé devant la DDASS avenue Félix Mercader à Perpignan. Au plan local, seules la CGT et Sud Santé avaient appelé à la mobilisation contre la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires), dite loi Bachelot, en discussion pendant plusieurs semaines au Parlement. CFTC et F.O étaient aux abonnés absents. Au grand désarroi des syndicats, cette journée de mobilisation a fait chou maigre...

Une délégation composée de 6 représentants syndicaux des hôpitaux de Perpignan et Thuir était reçue plus d'une heure par le directeur de la DDASS. Les représentants syndicaux exigeaient un véritable plan d’urgence pour sauver la santé publique, l’arrêt immédiat des restructurations et fermetures d’établissements de santé dans le département. 004.JPG

Au sortir de cette entrevue, Jean Bézian, secrétaire de la CGT de l'Hôpital de Thuir rapportait avec véhémence : « Nous avons manifesté notre inquiétude quant à la privatisation programmée des hôpitaux. Nous avons interpellé le DDASS sur le devenir de la psychiatrie et son glissement vers le médico-social. Quid de l'hôpital psychiatrique de Thuir en reconstruction ? A quelle sauce va-t-il être mangé dans le cadre des regroupements d'établissements comme prévu par cette loi ? Bien évidemment, le DDASS n'a pas pu répondre puisque la loi n'est pas votée ! » Et Jean Bézian d'enfoncer le clou: « Nous avons évoqué le statut des personnels…Mis en concurrence avec le privé, que va-t-il advenir ? » Puis il soutenait la revendication de moyens pour un véritable service national public de santé, pour le droit à l’accès aux soins partout et pour tous. Anne-Marie Mercadier représentant Sud Santé (Photo JLM 7447).JPG

Anne-Marie Mercadier secrétaire de Sud Santé prenait le relais : « Sous des considérations purement économiques, cette loi Bachelot représente la destruction de l'Hôpital public, l’annonce d’un bouleversement total du système de soins et de santé né pourtant aux lendemains de la Libération !» s'insurgeait-elle. La syndicaliste dénonçait la logique de rentabilité et les manœuvres habiles de la Ministre :  « Mme Bachelot tente d'amadouer, de rassurer, aussi bien les personnels hospitaliers que les usagers en annonçant une série lénifiante de contrevérités. Ainsi, ce que nous craignons, c'est que médecins, soignants, non soignants et usagers, soient résignés par ces subterfuges, en ayant pris le parti d'admettre que cette loi serait indispensable et donc inéluctable. Nous n’allons pas baisser la garde ! » Et d’appuyer laconique : « La Sécu doit-elle encore financer les cliniques privées, ces établissements commerciaux aux mains de fonds d’investissements spéculatifs ? »

Il faut admettre l’échec de ce mouvement social peut-être trop proche de la grande journée interprofessionnelle de mobilisation public-privé du 19 mars où vont certainement s’exprimer un ensemble de mécontentements.
005.JPG
Les manifestants (Photo JLM 7447).JPG