Thuir

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14/03/2009

Chronique des gens d’ici

Xavier Cugat a troqué son métier d’hydromécanicien pour se convertir avec son épouse dans la transformation et la vente de bois de chauffage. Rencontre…

Xavier Cugat le bûcheron éco-citoyen (Photo JLM 7447).jpg

À quelques encablures de Thuir, au lieu-dit Mas de Bellevista du village de Camélas, Xavier Cugat a créé voilà plus de 10 ans son entreprise de transformation et de vente de bois de chauffage. Ce self-man-made est né dans une famille d’agriculteurs immigrés de Catalogne Sud, installée à Millas. La quarantaine mature et énergique, si le bois le fait vivre, il ne l’utilise pas pour autant dans son langage ! Après avoir parcouru le monde, cet hydromécanicien revient au pays : « De retour en France, un poste de chef d’atelier en construction métallique m’est proposé, juste à peine plus rémunéré que le Smic. J’ai alors ironisé qu’en m’équipant d’une tronçonneuse je gagnerais plus en coupant du bois. » Savait-il que derrière cette petite fanfaronnade se cachait son défi ? Après une formation en alternance au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole de Rivesaltes, Xavier Cugat s’installe.

Nos emplettes sont nos emplois.

La machine mise au point par Xavier Cugat (Photo JLM 7447).jpg

Quelques années plus tard, Xavier a le sourire quand il évoque son dur métier, mais ne cache pas qu’il n’a pas choisi le plus reposant. Qui pourrait se douter qu’il lui ait fallu vendre sa moto pour monter son affaire ? Aujourd’hui, il est à la tête de l’une des plus florissantes entreprises avec en moyenne 7 à 9000 stères par an. «Je suis à l’origine de la conception de la machine de l’entreprise. Cette mécanisation a permis une sécurisation des tâches et surtout la création de deux emplois à temps plein.» annonce-t-il fièrement. L’homme tient un discours militant : «Nous sommes victimes d’une crise financière mondiale, pour y répondre, notre salut ? Le développement local ! Ici, tout nouvel emploi crée de la consommation de proximité, elle-même génératrice d’emplois. » Le développement durable. Moins cher que le gaz, le fioul ou l’électricité, le chauffage au bois connaît aujourd’hui un incontestable regain d’intérêt. Ce choix participe au développement de notre économie locale, mais aussi à la création d’emplois pérennes à condition que la forêt soit gérée de manière durable…

Xavier Cugat pilote sa machine (Photo JLM 7447).jpg

« Il y a une relance de cette activité par un encouragement au crédit d’impôts. Ici, parce que nos hivers sont peu rigoureux, 7 à 8 stères en moyenne suffisent à nous chauffer correctement. Le chauffage au bois dégagera bien moins de CO2 s’il est bien sec. » explique Xavier Cugat et de s’inquiéter aussitôt. Trop développer le chauffage au bois, c’est aussi mettre sur les routes davantage de camions qui participent, eux, aux émissions de gaz à effets de serre…« N’y-a-t-il pas de forêts en Pays catalan? Nous ne sommes pas un département forestier. Ici, nous n’avons pas eu le réflexe de boiser pour les générations futures avec pour volonté le développement durable. Pourquoi ne pas boiser en plaine les friches agricoles qui prolifèrent? Les quelques zones qui présentent un intérêt forestier sont situées en Cerdagne Capcir et dans le haut Vallespir. Hélas, le chêne vert, comme l’Alzine, est très peu exploité car situé sur des terrains accidentés très difficiles d’accès pour les engins» déplore-t-il.

Enfin, Xavier Cugat invite les consommateurs à la vigilance: « Je craints que l’hiver prochain, suite à la dernière tempête, certains margoulins du marché parallèle ne soient tentés de mélanger des résineux aux essences nobles.» Une stère de bois fendu, correspond à 0,8 m³. En trois mois, il est sec. Le bûcheron rappelle le bon sens et préconise : « L’idéal c’est de rentrer son bois au printemps ou en été pour qu’il soit bien sec en hiver.» Enfin méditons sur le proverbe ancien : « Pendant la vieillesse, on se chauffe avec le bois qu'on est allé chercher dans sa jeunesse… »

7 à 9000 stères par an (Photo JLM 7447).jpg

19/02/2009

Eoliennes dans les Aspres : le point de vue du maire de Fourques

La Communauté de Communes des Aspres a mandaté le cabinet Ocea Ingénierie pour réaliser une étude préliminaire d'identification de zones pouvant potentiellement accueillir des éoliennes. Quatre secteurs (soit huit zones) ont été répertoriés dans les Aspres. Frilosité ou syndrome "Nimby", les maires un à un ont refusé ces implantations sur leur commune. Tous ? Non ! Rencontre avec un singulier maire, écolo pragmatique et viticulteur bio de surcroît.
Les opposants aux éoliennes se manifestent (Photo JLM 7447).JPG
Le maire de Fourques, Jean-Luc Pujol, est porteur d'un ambitieux projet de développement durable au cœur duquel s'inscrit une ferme éolienne. Son projet provoque la grogne et ne fait pas l'unanimité parmi les maires des communes avoisinantes. Qu'importe ! Pour cet homme aux convictions bien arrêtées, l'écologie est une seconde nature. Le verbe haut, le propos direct, le regard franc, soulignent le bon sens paysan. Le volubile Jean-Luc Pujol n'a rien d'un doux rêveur, son désir de ferme éolienne a mûri lentement dans son esprit. Avec sa jeune équipe municipale, il a voulu évaluer de visu les impacts des aérogénérateurs. Il a donc visité quantités de fermes éoliennes, rencontré des élus et des riverains.

Chronologie de l'implantation d'éoliennesJean-Luc Pujol Maire de Fourques (Photo JLM 7447).JPG
Jean-Luc Pujol invoque la méprise de certains opposants qui contestent sur la forme, la méthodologie employée dans la démarche d'identification de Zone de Développement éolien (ZDE) : « Cette première étape débute toujours par des réunions publiques d'information. La loi ne prévoit pas de concertation à ce stade-là. C'est une étude paysagère au dossier technique relativement sommaire pour laquelle le préfet doit se prononcer ainsi que sur le zonage avec la définition d'un potentiel minimum et maximum d'éoliennes.»

Aussitôt l'édile rebondit sur le contexte local : « La façon dont la Communauté de Communes des Aspres a mené ces réunions ne me convenait pas. J'ai donc pris l'initiative d'organiser des réunions de concertation avec les habitants de Fourques où chacun a pu s'exprimer. Les débats ont été enrichissants. Nous nous sommes attachés à réfuter un certain nombre d'arguments : infrasons, bruits, impacts...»

A ce jour, le dossier est sur le bureau du préfet. Le devenir du projet reste suspendu à l'approbation du préfet pour l'identification du zonage. La seconde étape sera la modification du Plan Local d'Urbanisme pour rendre possible l'installation d'éoliennes avec des préconisations et obligations techniques : hauteur, nombre, implantations... A ce stade là, une étude de faisabilité sera alors réalisée. Puis, débutera la phase de concertation avec toutes les parties prenantes : A.D.E.M.E, Monuments historiques, DDE, DDAF, LPO, D.R.I.R.E, chasseurs, associations environnementales, populations des villages concernés. « In fine, le permis de construire est signé non pas par le maire mais par le préfet », précise avec tact Jean-Luc Pujol.

Ses quatre vérités

Dans nos précédentes éditions les arguments des opposants ont été développés sans que ne s‘exprime le porteur du projet. Quand Jean-Luc Pujol prend la parole, il ne manie pas la langue de bois. «Je n'accepte pas que certains de mes collègues maires m'accusent de vouloir saccager l'environnement. Quand ils parlent seulement de machines et de taxe professionnelle je rétorque politique globale et locale environnementale! » Clairvoyant, le maire de Fourques ose lâcher : « Je suis agriculteur bio, je ne vis et ma famille ne vit que de l'agriculture, je possède le plus grand domaine viticole de Fourques, un important patrimoine immobilier. Serais-je assez fou pour vouloir déprécier mon patrimoine si les éoliennes avaient un quelconque impact négatif sur l'économie locale? » Pour couper court à toutes les rumeurs les plus extravagantes : « Je rassure mes détracteurs, aucune des 5 ou 6 éoliennes ne sera installée sur mon vignoble. Je ne bénéficierai d'aucun subside ni manne financière. Je ne veux pas être juge et partie! » Peut-on être à la fois contre le tout nucléaire et contre les éoliennes ? Il reste encore la bonne vieille bougie.

Les pro-solaires

Certains opposants à l'implantation d'éoliennes préconisent l'installation de champs de capteurs photovoltaïques. Pourtant ces installations ont un important impact sur l'environnement. Outre le bétonnage des terrains, les traitements chimiques aux désherbants des terrains, les cellules photovoltaïques ont une durée de vie d'environ 20 ans. Il existe deux types de panneaux : ceux au silicium et ceux à l'arseniure de galium qui comportent des produits poluants comme l'arsenic. Leurs retraitements engendre de la pollution. Un projet d'installation de capteurs devrait voir le jour sur des friches agricoles entre Trouillas et Ponteilla. A suivre.

13/02/2009

Les opposants au parc éolien sont vent debout

Le projet de création d’un parc d’aérogénérateurs à Fourques fait l'unanimité contre lui chez les maires des petites communes avoisinantes soutenus par le collectif « Le vent tourne ».Le Conseil communautaire (Photo JLKM 7447).JPG

En sa séance publique du mardi 10 février à 17 h 30 à Thuir, le Conseil Communautaire de la Communauté de Communes des Aspres a dû invalider son vote du 17 décembre et revoter pour le projet d’une Zone de développement de l'éolien (ZDE) de 164 hectares sur la commune de Fourques. Suite au scrutin du 17 décembre, six maires Maya Lesné (Tordères), Alphonse Puig (Sainte-Colombe), Roger Tourné (Llauro), Erick Brisse (Terrats), Alain Doutres (Caixas), Patrick Mauran (Montauriol) avaient dénoncé une irrégularité dans le vote en faisant remarquer que 54 conseillers présents ou représentés avaient voté, 55 bulletins étaient dépouillés. Ceux-ci ont décidé de réagir en écrivant au Préfet des Pyrénées-Orientales pour manifester leur désaccord et leur mécontentement (copie ci-joint de la lettre envoyée au président de la Communauté de Communes et à tous les délégués communautaires).

Ce mardi, sans surprise, les conseillers ont voté majoritairement à nouveau en faveur de ce projet. Alors qu'en préambule, les maires de Tordères et Ste Colombe manifestaient leur désir de débat, le président de la Communauté, René Olive, s'y est obstinément opposé, provoquant même un certain chahut parmi l'assistance.L'assistance (Photo JLM 7447).JPG

Les Zones de développement de l'éolien

La loi de programme n°2005-781 du 13 juillet 2005 fixe les orientations de la politique énergétique française avec l'objectif de 21 % de la consommation intérieure d’électricité d’origine renouvelable en 2010. Cette loi introduit le principe de création de Z.D.E. pour éviter la prolifération anarchique des installations éoliennes. Si, aux dernières élections municipales, nombre de maires des Aspres ont adopté une position circonspecte, évitant d'évoquer ce sujet on ne peut plus sensible, un candidat à la mairie de Fourques, Jean-Luc Pujol a, lui, eu le courage de porter le débat sur la place publique. En ces temps de crise viticole, peut-on condamner la tentation pour certains agriculteurs désargentés ou pour des communes viticoles en crise comme Fourques, de louer ou vendre une parcelle de terre à des constructeurs d'éoliennes.

Jean-François Girbaut pdt du collecti Le vent tourne (Photo JLM 7447).JPGJean-François Girbaut est le président du collectif Le vent tourne créé en Octobre 2008. « Au cours des 5 réunions publiques obligatoires dans le cadre de la loi sur les ZDE, des personnes se sont regroupées pour créer un embryon de collectif  » évoque-t-il, puis de dénoncer : « Une imposture écologique consiste à faire croire que l'éolien puisse un jour se substituer à l'énergie nucléaire ».

Ce qui préoccupe d’abord le collectif, c'est la protection des paysages et du site remarquable et préservé des Aspres. Jean-François Girbaut rappelle deux conditions nécessaires à la production d’énergie par les aérogénérateurs : du vent régulier et la proximité d'une ligne à haute tension pour le raccordement électrique des installations. « La production électrique éolienne est intermittente. Pour assurer la continuité il faut une régulation pourvue par des centrales thermiques génératrices de gaz à effet de serre », précise le président. « Aucune commune des Aspres n’a désiré d’éoliennes sur son territoire hormis la municipalité fraîchement élue de Fourques ! Pourquoi ?», s’interroge M.Girbaut. « Nous allons nous concerter avec les maires des communes impactées pour donner suite à cette décision. D’autre part, nous lancerons une campagne d’information à l’adresse de la population pour lancer un véritable débat » indique Jean-François Girbaut.

Vendredi, dans nos colonnes, Jean-Luc Pujol maire de Fourques et porteur du projet présentera ses arguments.

Collectif La vent tourne :  ventourne@hotmail.fr ; tél : 04 68 28 04 51 ; 2 rue des amandiers 66300 Fourques.

17/10/2008

La Randonnée Thuirinoise invite à la marche

Dimanche 19 Octobre, la randonnée thuirinoise convie ses adhérents pour une magnifique balade dans le Conflent

Indications routières : Au départ de Thuir, prendre la direction d’Olette, à la sortie de Villefranche de Conflent  tourner à gauche (D6) direction   897 m d’altitude. Là, ranger les véhicules sur le parking.  Trajet : 49 Km - Temps : 1 h Sahorre - Dans cette localité sur la droite emprunter la D27 direction Escaro - Au sommet du col de Fins.

Indications concernant la balade : Les randonneurs pénètreront dans une belle forêt de pins. Aux détours du chemin, ils tomberont nez à nez avec un bien étrange panneau : "Tambour de Sahorre" ! Non, il ne s'agit pas d’un instrument de percussion mais bel et bien d’un vestige de l’activité minière. Un grand cylindre de bois dans lequel s'enroulait un câble d'acier permettant de tracter les wagonnets chargés de minerai de fer ! Puis chemin faisant, les marcheurs écarquilleront leurs mirettes devant de somptueux panoramas qui se dévoileront Canigou, Coronat, Madres, Vallée de la Têt et de la Rotja… puis le massif des Très Estelles. Ils rejoindront le hameau de Aytua, pour ensuite reprendre les voitures pour la visite du musée de la mine à Escaro.

Durée rando : 2 h 30 - Dénivelé : 147 m - visite musée : 1 h. Randonnée sans aucune difficulté. Circuit  accessible à tous, les chaussures de marche sont conseillées. Pique nique possible par beau temps. En cas de mauvais temps ou de pluie la randonnée serait annulée.  Rendez-vous à 8 h 00. Départ à 8 h30.

Contacts : 06 68 35 72  23 - 06 19 07 05 89 - 06 09 20 07 25 - 06 76 06 98 73