Thuir

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18/07/2009

Remarquable exposition de José Peleja au Celler sur la Retirada

L'artiste José Peleja (Photo JLM 7447).JPG

La Retirada, évoque la retraite des républicains espagnols battus par les troupes franquistes en 1939, condamnés à fuir leur pays en cohortes faméliques, avec femmes, vieillards et enfants pour franchir les Pyrénées et rejoindre la France. Traités ici et ailleurs avec le plus grand mépris, tous vont vivre cet exil forcé dans la douleur de leur chair et de leur âme. C’est parce que ses grands-parents avaient vécu cet épisode dramatique de l’Histoire dare-dare enfoui dans la mémoire collective que le peintre José Peleja a choisi de le traiter.

Les camps pour la Retirada (Photo JLM 7447).JPG

A travers une quarantaine de remarquables toiles, José témoigne pour tous ceux qui ont eu à souffrir d’un exil, d’un renoncement. Il a su saisir les symboles forts d’un exode intemporel pour suggérer le partage immédiat d’une poignante floraison d’émotions puissantes. Ses figurations transpirent des scènes de souffrance, d'enfermement ou d'exil. Là, les corps sont spectres, silhouettes brisées aux échines résignées…On discerne dans ses huiles la présence des oppositions suggérée par la proximité de couleurs lumineuses, chaudes à celles de tons froids de bleus et violets. Les mouvements évoquent les luttes et le chaos… mais le thème de la femme et de l’enfant est là pour aussi évoquer l’espoir en un avenir meilleur. Comme l’artiste a privilégié la spontanéité, il a choisi délibérément de ne pas traiter les visages pour donner plus de force à l‘essentiel exprimé.

Authentique autodidacte

Les femmes et enfants (Photo JLM 7447).JPG

Bien que venu à la peinture sur le tard, José Peleja confie avoir toujours eu un goût prononcé pour le dessin depuis sa tendre enfance. «Je peints depuis 20 ans mais je me disais que pour être peintre et exposer, il fallait avoir fait les Beaux-Arts… » indique-t-il. José est un authentique autodidacte. Pour ne pas se sentir formaté, il a toujours fui les écoles de peinture pour mieux laisser libre cours à sa libre créativité. Peut-on être artiste sans être généreux? « Je peinds pour faire plaisir aux autres !» déclare-t-il pudiquement.

Ses 140 œuvres fortes et émouvantes n’illustrent-elles pas sa recherche de sens et d’humanité ? Thuir - Exposition jusqu’au 31 juillet tous les jours de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h 30 au 1er étage du Celler office du tourisme des Aspres (face à l’accueil des visites des caves Byrrh) Entrée libre.

Trytique (Photo JLM 7447).JPG

23/04/2009

Myriam Lazar s’expose au musée des Arts populaires

Myriam Lazar (Photo JLM 7447).JPG« Depuis mon plus jeune âge, je peinds » ose révéler Myriam Lazar, Nivernaise de naissance. Une enfance en Tunisie, un bout d’existence à Versailles, à 25 ans, elle lâche la grisaille parisienne pour le grand air du Limouxin puis le soleil du Pays Catalan. Tour à tour, contrôleur des impôts, bergère, agricultrice bio, sociologue, elle est désormais accompagnante sociale et professionnelle dans des structures d’insertion.

Ni Beaux-Arts ni même cours du soir, Myriam Lazar est une authentique artiste autodidacte. Sensible, elle s’imprègne de la rencontre à l’autre pour saisir sa propre vie intérieure. «Je ressens le besoin d’exprimer des ambiances, des atmosphères » lâche-t-elle. « Mes toiles et mes dessins sont le miroir de mes émotions. C’est le résultat d’un travail que j’ai réalisé sur moi à travers les rencontres » dévoile la singulière artiste.

Son inspiration ? Myriam Lazar la puise chez les expressionnistes allemands du début du 20e siècle : Paul Klee, Franz Marc, Munch. « Ce que j’affectionne chez ces peintres c’est la captation des émotions dans des formes peu sophistiquées »révèle-t-elle. De ce mouvement, elle a saisi la gamme chromatique acide, l’exubérance des couleurs et l’exagération du trait proche de la caricature. Ses acryliques condensent et traduisent amour, angoisse, plaisir, solitude et craintes. Elles interpellent l’affect, l’humain, négligent l’intellect. Nul besoin pour le visiteur de se torturer l’esprit ! Il suffit de savoir regarder avec le cœur pour apprécier cette exposition et se laisser porter.

Toile de Myriam Lazar (Photo JLM 7447).jpg

Exposition jusqu’au dimanche 26 avril Tous les jours de 15 h 00 à 18 h 00 au musée des Arts & Traditions Catalanes (à côté de la mairie). Entrée libre.

07/03/2009

Destin magique, parcours atypique de Pascual Soler

Thuir consacre une exceptionnelle rétrospective aux œuvres de l’artiste catalan idéoréaliste, Pascual Soler, à l’initiative de l’association «Cimaises éphémères». Au-delà, d’une exposition, l’histoire attachante d’un artiste abouti…COURSES PASCUAL SOLER BILLARD 038.JPG

Pascual Soler fut utopiste. Il sera légende.

Nous sommes dans le Roussillon paisible des années 60. Là-bas, règne encore sur l’Espagne, Franco. Ici, comme nombres d’artistes avant-gardistes du moment, Pascual Soler est engagé dans la lutte contre toutes les grandes injustices avec pour seules armes la créativité et l’imagination en bandoulières. Moustaches élégamment cirées à la Salvador Dali, coiffé d’une baratina, drapé d’une toge blanche, affublé d’une cape rouge vif, façon phrygien antique, Pascual Soler est un personnage extravagant, décalé, inclassable pour les conformistes de l’époque. Marginal Pascual ? Un xic poeta, una mica provocador (un peu poète, un brin provocateur) comme tout bon autodidacte qui se respecte, il est doué d’immenses talents. Il est tout à la fois : céramiste, potier, peintre, sculpteur, auteur-compositeur-chanteur. Dans son atelier de création à St Martin de Lavall, il accueille ses amis Camille Ferrer, Balbino Giner, Casals, Max Wallet, Manolo Valiente, Vanczack…

Un destin extraordinaire

Huile des tournesols (Photo JLM 7447).JPG
Pascual Soler naquit en septembre 1932 dans une famille espagnole, au mas de la Comtesse de Blanes à Pézilla de la Rivière où son père est régisseur. Quand éclate la guerre civile, la famille Soler regagne l’Espagne pour rejoindre le camp républicain. Cahin-caha, la famille parvient à Valencia pour s’installer dans la misère. Atteint de tuberculose, le jeune Pascual est soigné par les plantes. Mais c’était sans compter sur le destin facétieux ! La rencontre de peintres de rue lui donnera la force de surmonter la maladie. Cette extase déterminera le sens de sa vie. L’art le fascine, hante son esprit. « Quand on a soif de savoir mais que l’on vit dans la misère, l’ignorance pèse beaucoup sur nos choix d’existence ! » révèle Pascual.

A seize ans, le désir de peindre le dévore toujours plus. Le jeune est doué, sa mère l’encourage à suivre son instinctif destin. Ce sera les Beaux-Arts de Barcelone puis plus tard, l'académie Européenne des Beaux-Arts. Pascual obtiendra durant sa carrière, de nombreux titres et distinctions : médaille d'argent à Nice et la coupe d'or au Festival de Cannes, la médaille d'or du grand prix de New-York ou encore une médaille d'or à Lyon. Son désir d’exploration le mènera aux Etats Unis puis il s’installera des années à Mexico. Mais l’appel de la terre maternelle catalane est irrésistible. Pascual revient au pays, riche de rencontres, d’expériences…

A presque à 77 ans, il conserve toujours la fraîcheur de son âme d’enfant : sensible, émerveillé, toujours épris de liberté. Si ses œuvres ont été exposées aux quatre coins du monde, il demeure ici encore trop ignoré. Dans cette belle expo rétrospective, l’artiste explore la technique du raynisme. « La couleur gagne en luminosité et en intensité » indique-t-il. Samedi 28 Février, une foule se pressait pour rendre hommage à cet artiste abouti. A découvrir jusqu'au 8 mars au Musée des Arts et Traditions populaires (à côté de l’Hôtel de Ville). Ouvert tous les jours de 15 h à 18 h. Entrée libre.

nu de Pascual Soler (Photo JLM 7447).JPG

La couturière (Photo JLM 7447).JPGla lavandière (Photo JLM 7447).JPG

 

07/02/2009

L’Œuf de l’an neuf

Une nouvelle année n’est-elle pas semblable à un œuf surprise ? Quand elle débute, chacun en ignore le contenu ! Alors, pour nous rassurer, nous l’espérons heureuse ! Hasard des rencontres et destin feront le reste… Quel beau cadeau de vie est ici relaté !

Gaston Depierre peint un oeuf (Photo JLM 7447).jpg

L’incroyable destin de Gaston… Qui, dans ses jeunes années, ne s’est pas rêvé artiste ? Puis, à l'âge adulte, le temps a déjà commis son œuvre, étouffant la plupart de nos rêves les plus fous de l’enfance… C’est sans compter sur les facéties du destin. Voyez, l’incroyable destinée de Gaston.

Orphelin de guerre, le jeune Gaston quitte sa Sarthe natale pour rejoindre à Paris sa grand-mère qui l’élèvera. « Je voulais me consacrer à la décoration» soupire Gaston Depierre. « Ma grand-mère avait décrété que c’était un métier de fainéant. Elle m’a alors imposé la maroquinerie » se lamente-t-il. De fil en aiguille, Gaston se retrouve employé chez un chausseur «Le soulier d’or» dans le beau quartier de la Madeleine où foisonnent boutiques d'art et de luxe. Là, à deux pas de la Place Vendôme, Gaston décore avec talent la vitrine de sa boutique. Quand, un jour l’une de ses clientes lui susurre à l’oreille : «Si vous voulez je vous fais entrer chez Hermès… » C’était la décoratrice de la célébrissime marque !Les Oeufs de Atelier Depierre's les oeufs en gestation (Photo JLM 7447).jpg

Gaston a atteint son rêve ! 17 ans durant, il exerce le passionnant métier de décorateur chez cette prestigieuse maison de luxe, parcourt le monde, côtoie les plus grands. La vie l’a comblé. Est-il pour autant au bout de ses surprises ? Que nenni ! I y a 18 ans, le hasard rapplique à nouveau. Il l'amène à restaurer, à la demande d'un client antiquaire, un œuf d'émeu datant de Napoléon III. Pour Gaston, c’est aussitôt, la révélation ! Séduit par la beauté fragile, il est captivé par la tradition des œufs décorés et plus singulièrement pour celle de "l'Oeuf Surprise". Gaston se passionne pour Peter Carl Fabergé, découvre la symbolique ésotérique de l’œuf.

Cette quête le pousse à l'apprentissage d'un nouveau savoir-faire très sophistiqué en raison de la fragilité de la matière. Une passion est née. Gaston lâche Hermès et la vie parisienne pour s’établir à Castelnou en Pays Catalan. Avec son associé et ami Jean-Pierre Martinez, il fonde "l'Atelier Depierre's". Quand en 1997, TF1 réalise à Castelnou un reportage sur l’atelier pour le JT de 13h, aussitôt, visiteurs et commandes affluent. Consécration !

Un travail minutieux.

Les Oeufs de CASTELNOU 007.jpg
Poussez donc la porte de son coquet atelier ! Affable, gestes détachés de toute empathie, discret jusqu’à l’humilité, celle des gens de talents. Gaston vous accueille. Ce délicieux personnage travaille les œufs d'oie, de canard, de caille, d'émeu qu’il sélectionne lui-même dans les élevages des Landes. « Après nettoyage de l'œuf, la 1ère étape consiste au sciage de la coquille. L’œuf est ensuite stabilisé sur un pied, une ou plusieurs charnières sont alors à insérer. La coquille renforcée avec des résines et peintures à base de résines pour lui assurer une bonne solidité » explique-t-il. Chaque œuf surprise peut nécessiter quelques dizaines d’heures à plusieurs semaines d’un délicat travail de précision ! Offrir un œuf surprise c'est un vœu de chance, une marque d'affection, d'estime, d'amour pour la nouvelle année ! La vie ? Un œuf surprise…

Atelier Depierre's - 12, Carrer del Mitg - 66300 Castelnou 04 68 53 01 22

28/11/2008

Lavanant a mis de la couleur à sa vie

L'Association Les Cimaises Ephémères  présente "tentatives" les dernières toiles de Lavanant jusqu’au 30 novembre au Musée Arts et Traditions Populaires de Thuir.


Lavanant ? Dominique, la comédienne ? Non ! Sa cousine Joëlle, l’artiste peintre... Pendant trente ans, Joëlle a exercé le noble métier de coloriste sur cuir dans un atelier boutique du centre de Brest. Hélas, sa profession ne lui laissait que peu de temps «plus tard je peindrai» songeait-elle. Quand survient un ennui de santé qui met un terme définitif à son activité... Quelquefois les tempêtes de la vie réservent des lendemains surprenants, de grands  bonheurs inespérés ! C’est à cette époque que Joëlle Lavanant réalisa son rêve de toujours : « J’ai débuté l’apprentissage de l’aquarelle aux arts plastiques appliqués de Pont Aven. J’ai poursuivi aux Beaux Arts de Brest puis de Quimper sous l’égide du peintre Gérard Venturelli », se remémore la pétulante bretonne, dans un grand éclat de rire.L'artiste peintre Joëlle Lavanant (Photo JLM 7447).jpg

Voilà cinq ans, ce petit bout de femme énergique, lâchait les embruns vivifiants de son Finistère pour rechercher vers un lointain Pays Catalan, la lumière ? A cette époque, elle troquait la palette de nuances océanes pour les exubérantes couleurs méditerranéennes... Depuis, de cette rencontre est née une quarantaine de toiles que l’artiste expose pour la première fois en Roussillon. Cette exposition constitue une belle surprise, une révélation tant pour les initiés que pour les profanes !

Joëlle Lavanant expose (Photo JLM 7447).jpg

Elle dégage à la fois, vigueur, sensibilité, affectée d’un rien de mysticisme. Ici, des bois flottés dévoilent un style épuré, basé sur l'essentiel. Là, des acryliques aux couleurs chaudes, vivantes, émotionnelles révèlent la quête du soleil, la recherche de la lumière. Plus loin, Joëlle se joue des transparences dans ses travaux sur la vigne…« J'ai un besoin vital de peindre à l'émotion», s’exclame-t-elle. Les iris (Photo JLM 7447).jpg

Peintre d'instinct, Joëlle Lavanant exprime dans ses peintures contrastées toute l’ambivalence qui parfois affecte l’être humain... Sur le ton de la confidence : « Je suis un peintre du matin. J’affectionne ces moments de bonheurs solitaires, ces tête-à-tête avec moi-même où l‘instant devient éternité », livre-t-elle à mi-voix. Poussez donc la porte du petit musée des Arts et traditions, juste à côté de la Mairie... Vous y découvrirez une peinture captivante, une artiste attachante ! Jusqu’au 30 novembre tous les jours de 15h à 18h. Entrée Libre.

04/10/2008

Sauveur Giannici, ode à la Méditerranée

Italien d’origine, Sauveur Giannici est né et réside au Maroc. Il termine son parcours méditerranéen à Perpignan où réside sa famille. Ce peintre autodidacte présente des œuvres imaginatives dans lesquelles il n’a de cesse de pousser toujours plus loin son rêve. Ses toiles témoignent de son attachement à la Méditerranée par l'éclat concentré de la couleur.

Le mélange des genres révèle son vécu, tout un pouvoir émotif, souvent à effet romantique. Sauveur Giannici a plusieurs expositions à son actif. Celle-ci est organisée par la dynamique association Les Cimaises Ephémères au Musée des Arts et Traditions populaires qui jouxte l’Hôtel de Ville. Le vernissage est programmé Samedi 4 Octobre à partir de 18h30. L’expo est ouverte du 5 au 12 Octobre de 15h à 18h. Un artiste à découvrir !

19/09/2008

Serge Lemoine expose

Expo serge Lemoine (photo JLM 7447).jpg

Samedi 20 Septembre à partir de 18h30 l’association Les Cimaises éphémères accueille musée des Arts et traditions, une exposition originale du photographe Serge Lemoine intitulée : «Le port aux miroirs». Curieux titre d’expo ? Serge s’explique : « En photo je suis souvent attiré par les détails. Ce qui m’a intéressé dans cette série c’est d’inviter le visiteur à aller au-delà des yeux… » Aux travers des reflets, il évoque plus qu’il ne montre, laissant le soin à chacun d’imaginer…Pour cette expo, il a jeté son dévolu sur Port-Vendres, sa source d’inspiration, de rêves de voyages…Avec ce florilège d’images étonnantes et d’instants uniques captés, le photographe se  joue des lumières, des contrastes, des couleurs… Aujourd'hui, il nous offre au travers de sa très belle exposition,  sa vision onirique du petit port catalan. C'est un pur bonheur ! Une exposition à découvrir Samedi 20 Septembre à partir de 18h30 au musée des Arts et traditions (à côté de l’Hôtel de Ville) Du 21 au 28 Septembre ouvert tous les jours de 15H à 18h Entrée Libre.

12/09/2008

Pierre Mach, un peintre d’instinct

Pierre Mach expose ses toiles dés ce vendredi jusqu’à fin octobre au Patio Catalan à Thuir. Découverte d’un singulier personnage, un peintre d’instinct.

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Si nombre de thuirinois apprécient l'amabilité du facteur Pierre Mach... Rares sont ceux qui ont connaissance de ses grands talents de peintre... Délicieux, profond et passionné, la cinquantaine mesurée, patinée de bonheurs simples, Pierre est un artiste autodidacte, portraitiste et paysagiste dans l'âme. Il trouve dans l’Aspres, havre de quiétude, la source intarissable de son inspiration. Aquarelles ou huiles, Pierre poursuit une même démarche : aller à l'essentiel, exprimer ses sensations, provoquer l'émotion. «Depuis ma tendre enfance je suis attiré par la peinture. J’ai souvenance d’avoir participé à 8 ans à un concours de peinture. Ce concours était initié par Georges Plazas horloger à Thuir et organisé par les célèbres montres Lip… Je l’ai gagné !»

En ce temps-là, (i fa temps !) il n’était pas de bon ton dans les milieux populaires de se destiner à l’Art. Comme une sentence irrévocable son père a tranché avec l’accent catalan grave et rocailleux en prime: « Les beaux arts c’est une vocation de fainéants ! » Le jeune Pierre, la mort dans l’âme se résout  comme la plupart des jeunes catalans de l’époque à monter à Paris, à épouser une carrière de facteur aux PTT…S’était sans compter sur son obstination ! Revenu au pays, il retrouve cette lumière si particulière qui baigne les Aspres et replonge aussitôt dans la peinture, sa passion. Pierre peint alors de nombreuses années avec les plus grands artistes peintres catalans comme Camille Ferrer, Pau Mine, Germain Py, ou Etienne Nogent… « J’ai appris énormément au contact de ces artistes. C’est un avantage d’être autodidacte car je n’ai subit ni l’influence d’une académie avec ses codes ni les convenances. »

Sensible, Pierre porte un regard émerveillé sur le Monde qui l’entoure. Parce qu’il aime le contact avec les gens, il est portraitiste. «Chaque personnage que je croque est un caractère que j’immortalise avec ses traits, son regard, ses expressions, son attitude… » Il affectionne autant les longues ballades solitaire en montagne. Dans son sac, toujours quelques feuilles et tubes de peinture. « J’aime l’aquarelle, sa transparence, sa lumière et sa spontanéité… » Quand arrive l'Hiver et ses longues soirées, il s'adonne davantage à l'huile dans son atelier. Passé le cap du doute sur ses capacités, Pierre Mach envisage désormais d'exposer davantage. Initiés ou profanes, pourront d’ores et déjà apprécier la légèreté de ses aquarelles et la force de ses huiles pour leur plus grand bonheur…. A découvrir jusqu’au 30 Octobre au Patio Catalan à Thuir. Entrée libre.

19/06/2008

MARIO CHICHORRO

L’homme qui peignait l’utopie...  

Son œuvre est immense. 3500 oeuvres, plus d’une centaine d’expositions en France et dans le Monde, a son actif… Les plus grands collectionneurs et musées ont acquis ses tableaux. Exceptionnellement Chichorro expose à Thuir jusqu’au 22 Juin…

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Il pourrait être à la peinture contemporaine ce que le catalan Gaudi fut à l’architecture et au design. Ses facéties picturales, novatrices, déconstruites, fragmentées, peuvent apparaître comme autant de pastiches des Arts : Brut, baroque, primaire, contemporain et Naïf…. Mario est assurément un singulier personnage. Il ne se prend vraiment pas au sérieux ! De son Portugal natal, il conserve un délicieux timbre chantant. Sa chevelure argentée dévale en boucles jusqu’aux épaules. Le regard tendre s’accommode du petit sourire facétieux de celui qui a su préserver l’émerveillement de l’enfance…«En 1968 dans les rues de Perpignan, je défilais et manifestais. Je travaillais alors dans un cabinet d’architecte. Mon patron l’ayant appris m’a illico licencié, me traitant de révolutionnaire, d’anarchiste. »Relate, amusé Mario. Le destin est imprévisible ! Ce fâcheux évènement a eu un effet bienheureux puisque Mario a alors réalisé son rêve insensé d'enfant: peindre ! Est-ce bien raisonnable pour une grande personne?

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Aujourd'hui encore, à 76 ans, l'artiste se joue des interdits. Extravaguant Chichorro ? Hors normes, réfractaire à tout courant artistique, à toute mode, à toute académie, Mario Chichorro l'idéaliste, s’amuse à heurter, à provoquer, à renverser tabous et valeurs admises d’un Monde rationnel formaté. Au bout du pinceau, il manie avec talent, l’ironie, la provocation, la dérision. »Je casse de façon fantaisiste le sujet unique dans mes tableaux. J'opte pour la multiplicité des thèmes parce que j'ai choisi la liberté absolue de l'imaginaire irrationnel !» Évoque le déroutant, Chichorro.

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 Il use de matériaux les plus inattendues : aggloméré de bois, polyuréthane extrudé, résine synthétique, aggloméré de liège... Ses œuvres subversives sont autant de passerelles relationnelles entre son fort intérieur et un extérieur idéal rêvé. Ses 51 tableaux lumineux renvoient à l’intemporel. Sa puissante créativité intuitive, impulsive, jongle avec volumes et formes, couleurs et symboles. Là, rien n’est agressif. Ici, tout est équilibre. Ailleurs, la nudité corporelle semble célébrer la pureté morale sans artifices sans fioritures. Chichoro, lance «Nul n’est là par hasardN’invite-t-il pas à réfléchir sur le pourquoi de l’existence ?

Exposition Chichorro jusqu’au 22 Juin Espace Culturel Lambert Violet (Face aux caves Byrrh)

Ouvert tous les jours sauf le Vendredi de 14h à 17h. Entrée Libre. Contact : 06 29 99 17 19

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