La Communauté de Communes des Aspres a mandaté le cabinet Ocea Ingénierie pour réaliser une étude préliminaire d'identification de zones pouvant potentiellement accueillir des éoliennes. Quatre secteurs (soit huit zones) ont été répertoriés dans les Aspres. Frilosité ou syndrome "Nimby", les maires un à un ont refusé ces implantations sur leur commune. Tous ? Non ! Rencontre avec un singulier maire, écolo pragmatique et viticulteur bio de surcroît.
Le maire de Fourques, Jean-Luc Pujol, est porteur d'un ambitieux projet de développement durable au cœur duquel s'inscrit une ferme éolienne. Son projet provoque la grogne et ne fait pas l'unanimité parmi les maires des communes avoisinantes. Qu'importe ! Pour cet homme aux convictions bien arrêtées, l'écologie est une seconde nature. Le verbe haut, le propos direct, le regard franc, soulignent le bon sens paysan. Le volubile Jean-Luc Pujol n'a rien d'un doux rêveur, son désir de ferme éolienne a mûri lentement dans son esprit. Avec sa jeune équipe municipale, il a voulu évaluer de visu les impacts des aérogénérateurs. Il a donc visité quantités de fermes éoliennes, rencontré des élus et des riverains.
Chronologie de l'implantation d'éoliennes
Jean-Luc Pujol invoque la méprise de certains opposants qui contestent sur la forme, la méthodologie employée dans la démarche d'identification de Zone de Développement éolien (ZDE) : « Cette première étape débute toujours par des réunions publiques d'information. La loi ne prévoit pas de concertation à ce stade-là. C'est une étude paysagère au dossier technique relativement sommaire pour laquelle le préfet doit se prononcer ainsi que sur le zonage avec la définition d'un potentiel minimum et maximum d'éoliennes.»
Aussitôt l'édile rebondit sur le contexte local : « La façon dont la Communauté de Communes des Aspres a mené ces réunions ne me convenait pas. J'ai donc pris l'initiative d'organiser des réunions de concertation avec les habitants de Fourques où chacun a pu s'exprimer. Les débats ont été enrichissants. Nous nous sommes attachés à réfuter un certain nombre d'arguments : infrasons, bruits, impacts...»
A ce jour, le dossier est sur le bureau du préfet. Le devenir du projet reste suspendu à l'approbation du préfet pour l'identification du zonage. La seconde étape sera la modification du Plan Local d'Urbanisme pour rendre possible l'installation d'éoliennes avec des préconisations et obligations techniques : hauteur, nombre, implantations... A ce stade là, une étude de faisabilité sera alors réalisée. Puis, débutera la phase de concertation avec toutes les parties prenantes : A.D.E.M.E, Monuments historiques, DDE, DDAF, LPO, D.R.I.R.E, chasseurs, associations environnementales, populations des villages concernés. « In fine, le permis de construire est signé non pas par le maire mais par le préfet », précise avec tact Jean-Luc Pujol.
Ses quatre vérités
Dans nos précédentes éditions les arguments des opposants ont été développés sans que ne s‘exprime le porteur du projet. Quand Jean-Luc Pujol prend la parole, il ne manie pas la langue de bois. «Je n'accepte pas que certains de mes collègues maires m'accusent de vouloir saccager l'environnement. Quand ils parlent seulement de machines et de taxe professionnelle je rétorque politique globale et locale environnementale! » Clairvoyant, le maire de Fourques ose lâcher : « Je suis agriculteur bio, je ne vis et ma famille ne vit que de l'agriculture, je possède le plus grand domaine viticole de Fourques, un important patrimoine immobilier. Serais-je assez fou pour vouloir déprécier mon patrimoine si les éoliennes avaient un quelconque impact négatif sur l'économie locale? » Pour couper court à toutes les rumeurs les plus extravagantes : « Je rassure mes détracteurs, aucune des 5 ou 6 éoliennes ne sera installée sur mon vignoble. Je ne bénéficierai d'aucun subside ni manne financière. Je ne veux pas être juge et partie! » Peut-on être à la fois contre le tout nucléaire et contre les éoliennes ? Il reste encore la bonne vieille bougie.
Les pro-solaires
Certains opposants à l'implantation d'éoliennes préconisent l'installation de champs de capteurs photovoltaïques. Pourtant ces installations ont un important impact sur l'environnement. Outre le bétonnage des terrains, les traitements chimiques aux désherbants des terrains, les cellules photovoltaïques ont une durée de vie d'environ 20 ans. Il existe deux types de panneaux : ceux au silicium et ceux à l'arseniure de galium qui comportent des produits poluants comme l'arsenic. Leurs retraitements engendre de la pollution. Un projet d'installation de capteurs devrait voir le jour sur des friches agricoles entre Trouillas et Ponteilla. A suivre.
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Commentaires
"Quand Jean-Luc Pujol prend la parole, il ne manie pas la langue de bois"... C'est une plaisanterie, monsieur Modat? Sous la jovialité et le bon sens paysan de M. Pujol se dissimulent en réalité des méthodes peu scrupuleuses et une ambition à toute épreuve, une arrogance et une fatuité comme on en retrouve chez ceux qui nous gouvernent en ce moment (et pour cause, M. Pujol est de droite). Deux choses guident ses pas : l'appât du gain et l'orgueil. Gageons que sa démagogie le ménera loin... Au Conseil Général peut-être? Les cantonales approchent et M. Pujol est un petit coq qui a soif de pouvoir. Monsieur Olive, ne craignez-vous pas de nourrir un serpent?
C'est à nous, Fourcatins, de le contrer et de lui signifier une bonne fois pour toutes que nous ne l'avons pas élu pour mettre en oeuvre un pareil gâchis, en nous brouillant par la même occasion avec le reste des villages voisins. C'est à nous, Fourcatins, de dire à notre conseil municipal de réagir et de le raisonner.
Ecrit par : Philippe | 03/03/2009
bravo jl Pujol non au nucléaire
Ecrit par : brunet jean michel | 24/09/2009
bravo jl Pujol NON au NUCLEAIRE
Ecrit par : brunet jean michel | 24/09/2009
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